#04

ROSEAUX

Savenay, Loire Atlantique (44)

"S’inscrire 
dans un territoire"

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Architecte
Clémence Cazenave (CAZ'éco)


Bureau d'études
Mireille Avril (RizHome)

Entreprise (bois)

Echopaille

Entreprise (roseau)

Chaumière du golfe

Surface
110 m²

 

Coût
210.000€

 

Travaux

9 mois

DÉCRYPTAGE

En faisant notre Tour de France, il nous est parfois arrivé de songer aux dégâts infligés aux maisons écologiques par l'histoire des « Trois petits cochons ». En serinant à des générations d’oreilles enfantines que seule une maison de briques pouvait empêcher le grand méchant loup d’entrer, elle a discrédité les habitats de bois et de paille que nos ancêtres ont construits des millénaires durant en tirant parti des matériaux dont ils disposaient. 

Nous nous sommes encore irrités de l’ineptie de la comptine pro-ciment en découvrant, tout près de l'Esturaire de la Loire, la maison que l’architecte Clémence Cazenave et son compagnon ont en partie autoconstruite. Une maison en roseaux  est capable de tenir tête à toutes les intempéries comme au grand méchant loup. Et qui a coûté à ses bâtisseurs bien du travail, de réflexion d’abord, de construction ensuite. Mais le résultat est là, solide, beau et écologique.
Pourquoi en roseaux ? Parce que le terrain est à proximité des roselières du Golfe du Morbihan. Clémence Cazenave et son compagnon ont délibérément choisi ce matériau en se disant, à raison, qu’il serait le mieux adapté pour résister au climat breton. Avec le soutien de Mireille Avril, fondatrice du bureau d'études en écodesign et matière architecturale RizHome, ils ont porté ce projet remarquable qui démontre combien il est important de relocaliser la production de matériau sur son territoire. La maison de roseaux participe ainsi à la revalorisation d’un métier traditionnel et inscrit pleinement l’acte de construire dans un environnement social, économique et géographique.

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DES KERTERRES

Les artisans chaumiers du golfe à l'œuvre lors de la pose du bardage en roseaux.

Pour faciliter la pose et donner du rythme à la façade, le bardage offre  une composition  qui alterne le bois et les roseaux.

ANATOMIE

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PORTRAIT

Lʼhabitante 
Clémence Cazenave

Architecte vivant à Nantes, Clémence Cazenave (Atelier d'architecture CazʼEco) s’est formée à lʼécoconstruction à travers notamment ce projet d'autoconstruction d’une maison passive en roseaux avec son compagnon. La présentation de son complexe mur en caissons et bardage par Mireille Avril, ingénieure fondatrice du bureau d'études Rizhome et spécialisée dans le développement de la filière roseau dans le Morbihan, a été décisive dans son choix. 

 

ADʼA : Pourquoi le roseau ?

C.C : L'entreprise qui le met en œuvre se trouve à Vannes, au cœur du Golfe du Morbihan, région où abondent des roselières. J'ai moi-même grandi dans cet environnement. Il m’est apparu comme une évidence d’employer ce matériau dans la construction. Techniquement, la granulométrie et la densité sont maîtrisées et son utilisation participe à une économie circulaire à impact positif. On valorise la bioamasse avec ce matériau issu de l’entretien des roselières, on participe donc à une démarche globale vertueuse pour l’ensemble d’un écosystème. De plus, j’aime travailler avec des artisans locaux pour préserver les savoir-faire constructifs traditionnels qui ont tendance à disparaître de nos régions avec la standardisation des maisons individuelles.

 

Quelles sont les applications du roseau pour le bâtiment ?

On n'est plus obligé aujourd’hui de se cantonner à utiliser le roseau seulement pour des toitures en chaume. Des systèmes plus contemporains inspirés des pays du nord de l’Europe et du Japon en autorisent l’emploi en bardage vertical. 
Le roseau est un excellent pare- pluie et un très bon isolant quand on le broie pour le mettre en vrac dans des caissons en bois. Ses fibres permettent également une bonne isolation comme la paille de blé ou le chanvre. Poussant sur place dans des marais en bord de mer, il est naturellement adapté au climat de la région et son contact direct avec l’eau lui confère une excellente capacité à résister à l’humidité car il est hydrophobe. Au-delà de ses qualités techniques, il est économique, acoustique, esthétique et, produit localement, valorise le circuit court.
Le roseau en pose verticale doit être changé tous les 80 ans, il n'y a pas de bardage à mettre, ni d'enduit, ni de peinture. Mais sa mise en œuvre n’est pas facile, il faut faire appel à de vraies entreprises possédant les savoir-faire nécessaires. La profession de chaumier existe toujours sur notre territoire et elle a su évoluer dans une relecture contemporaine de ses pratiques traditionnelles. Il existe actuellement une clientèle de plus en plus nombreuse désireuse d’employer des matériaux naturels et locaux dans la construction individuelle. La demande de projets en roseaux participe ainsi à la préservation de métiers ancestraux qui ont su se renouveler.

EN CHIFFRES

25cm
C'est l'épaisseur du bardage en roseaux qui assure l'isolation et la protection contre la pluie.


75km
C'C'est le nombre de km parcourus par les roseaux du Golfe du Morbihan de la roselière jusqu'au chantier.


9 mois
C'est le temps de construction record pour cette maison de 110 m² de superficie.


80 ans

C'est la durée de vie du bardage en roseaux d'après le retour d'expérience des techniques scandinaves.

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